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SPORT PERISCOLAIRE Prise de position de l'A.P.E.P.E.P. |
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| OBJECTIF DU SPORT PERISCOLAIRE | |
| Le sport périscolaire, facultatif pour les élèves,a pour but principal de mener les élèves sous la responsabilité d'enseignants qualifiés vers une pratique sportive régulière et librement consentie correspondant au mieux à leurs qualités et leurs intérêts. | Le sport périscolaire constitue un lien précieux entre le cours d'éducation physique obligatoire et le monde sportif extrascolaire, basé sur une liberté totale de pratique. |
| SES RAPPORTS AVEC LES LEÇONS D'EDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE | |
| Il existe un lien logique entre l'éducation sportive obligatoire réalisée pendant les cours d'éducation physique et sportive d'une part et le sport périscolaire d'autre part dans le sens où ce sont les mêmes élèves auxquels un enseignant d'éducation physique fait découvrir des dons et intérêts pour une pratique sportive déterminée,que la graine germe donc dans les cours d'éducation physique et sportive et qu'il y a lieu de disposer d'une couveuse pour la faire grandir avec précaution. Les objectifs sportifs des cours d'éducation physique et sportive s'atteignent bien | avant celles du sport
périscolaire, nécessairement plus ambitieux. Le sport périscolaire est une suite logique du cours d'éducation physique et sportive, il en constitue le prolongement et le complément. D'autre' part, il vise plus loin que soi-même:il se considère comme première étape d'un processus d'auto-détermination en matière de pratique sportive, comme première prise de responsabilité de la part des élèves, comme premier pas vers une pratique sportive régulière et durable dans le monde complexe et diversifié du sport extrascolaire. |
| CONSEQUENCES PRATIQUES | |
| Il s'en suit que, pour
réaliser les objectifs mentionnés plus haut,il faut disposer
d'une structure où il y a:
°identité de conception °identité de lieu °identité de personne en ce qui concerne le secteur " éducation physique obligatoire " et le secteur " sport périscolaire ". Cette triple identité constitue une conception globale à laquelle devrait souscrire l'autorité supérieure, |
parce qu'elle souligne la spécificité du sport périscolaire. Cette Spécificité lui donne sa raison d'être et le démarque du sport pratiqué en club et au sein des fédérations. Si des exigences spécifiques à la situation pédagogique le justifient, le sport périscolaire peut être différent, voire opposé au sport fédéral. Il peut aussi bien le reprendre intégralement. Les voies pour mener des jeunes vers leur pratique sportive peuvent être diverses. Ce sont les enseignants d'éducation physique et sportive qui sont les mieux placés pour juger de la nature de l'action pédagogique à mener pour faire trouver à des élèves leur voie de sportif actif. |
| LE CADRE ADMINISTRATIF DU SPORT PERISCOLAIRE | |
| Le sport périscolaire
est pratiqué au sein des associations sportives estudiantines
attachées aux différents établissements d'enseignement
post-primaire. En général,le président ce l'association
sportive estudiantine est le directeur ce l'établissement ou son
délégué. Ceci constitue un signal pédagogique
essentiel dans le sens où l'orientation pédagogique du travail
est garantie. Les associations sportives estudiantines sont regroupées au sein de la L.A.S.E.L., fédération autonome et subsidiée directement par la loi budgétaire. La L.A.S.E.L. fixe ses propres objectifs et contenus. Il n'y a pas de contrôle direct de l'autorité supérieure, mais une confiance en la qualification et le sens des responsabilités des dirigeants de la L.A.S.E.L. La L.A.S.E.L. établit un programme d'activité pour les différentes catégories d'âge et dans les différentes activités sportives et invite les associations sportives des établissements à participer à ces activités selon calendrier trimestriel. |
Le programme établi par la L.A.S.E.L. ne doit cependant pas déterminer exclusivement les activités à programmer au sein de chaque association sportive. Autrement dit,la participation aux coupes et championnats de la L.A.S.E.L. ne constitue pas le seul objectif du travail réalisé dans les association sportives locales. En effet pour autant que les voies qui mènent vers une pratique sportive autonome sont diversifiées, l'offre des associations sportives doit l'être également. Comme les offres de la L.A.S.E.L. ne peuvent régulièrement et totalement répondre à ces besoins divers,il incombe aux associations sportives locales de pourvoir aux espaces libres laissés par le programme de la L.A.S.E.L., d'assurer la recherche de formules nouvelles, de tester des contenus nouveaux et de jouir de leur liberté de création et d'innovation en matière d'animation sportive. D'ailleurs,les statuts de la L.A.S.E.L. accordent à chaque association sportive une large autonomie quant à son fonctionnement. |
| LE TRAVAIL CONCRET REALISE SIR LE TERRAIN | |
| Le travail concret
réalisé par les enseignants d'éducation physique et
sportive, responsables des associations sportives ces établissements
peut revêtir plusieurs aspects : [1] Les séances dites d'entraînement régulièrement fixées à des heures précises au cours de la semaine, parfois destinés à une population spécifique d'élèves{p.ex.:Handball filles,Tennis de table pour débutants, Volleyball ; entraînement des équipes du lycée,danse...). Ces séances, le plus souvent orientées vers une amélioration du savoir-faire sportif en vue d'une compétition de la L.A.S.E.L.,peuvent aussi viser une initiation et une mise en confiance ces élèves en vue de stabiliser leurs intérêts ou viser une animation de groupe (rencontres interclasses ), le tout, encore et toujours, imprégné par la devise:"Toucher un maximum d'élèves et en faire des pratiquants plus ou moins réguliers, permettre à chacun de chercher et de trouver ses intérêts sportifs spécifiques et d'amorcer une "carrière" de sportif actif et non de consommateur passif. Le recrutement pour ces séances d'"association sportive" se fait tout naturellement par les enseignants d'éducation physique et sportive dans le cadre de la leçon d'éducation physique. L'identité de personne et le travail en équipe des enseignants d'éducation physique facilitent énormément l'orientation des élèves vers les séances d'association sportive. [2] La participation aux manifestations organisées par la L.A.S.E.L. découle le plus souvent du travail réalisé au cours des séances d'entraînement. Au cas où il y a correspondance entre l'offre de la L.A.S.E.L. et le résultat obtenu à l'entraînement, l'intérêt des élèves, la disponibilité des élèves(!) et leur niveau atteint, une participation à un championnat peut être envisagée. [3] L'organisation de ou la participation à des activités sportives sporadiques, découlant d'intérêts locaux, de besoins des élèves, découverts ou provoqués par les enseignants, de réflexion individuelle ou collective des enseignants, du souci de combler les espaces laissés par le calendrier ce la L.A.S.E.L ou du souci de réaliser une animation sportive la plus complète possible, constitue une autre forme de travail au sein de l'association sportive. |
De telles activités
peuvent s'inscrire dans le domaine du sport de compétition (rencontres
amicales, tournois régionaux, compétitions à
l'intérieur d'une structure fédérale), mais aussi dans le
domaine du sport non compétitif (sorties en bicyclette,en ski de fond,
actions de course d'endurance,sorties de plein air,sorties nautiques[*!).
La caractéristique principale de ces activités est l'absence de régularité d'un côté, mais la haute valeur de créativité et de spontanéité de l'autre. On pourrait avancer que le dynamisme d'une association sportive se mesure, entre autres, à travers les activités qu'elle assume en dehors des facteurs connus (heures fixes d'entraînement, participation aux activités programmées par la L.A.S.E.L.). [4] L'organisation, le financement et la participation à des séjours prolongés à ces fins sportives (stages de ski, de plein-air, classes de neige, classes nautiques, autres formules) complète l'offre du sport périscolaire. Les enseigna~ts d'éducation physique s'adonnant à de telles organisations dans le cadre scolaire assurent, au delà de l'encadrement technique pour l'activité sportive en question,une présence totale et indivisible pendant tout le voyage et tout le séjour avec tous les aspects de responsabilité que cela comporte. De tels séjours demandent un travail de préparation et d'administration très important et engagent l'école, mais plus particulièrement les enseignants en question. [5] Les aspects pratiques décrits précédemment (points 1 à 4) ne prennent pas effet qu'à partir du coup d'envoi de l'activité en question. L'action des enseignants prend son départ bien avant, serait-ce pour persuader les élèves, les encourager à venir, les renforcer en cas d'hésitation,les consoler en cas de défaite parfois les racoler pour compléter une équipe, leur résoudre des problèmes administratifs (faire déplacer une composition p.ex.) ,tout cela pendant les récréations, souvent après quatre heures,dans tous les cas pendant le temps libre de l'enseignant. Les points 3 et 4 demandent un travail préliminaire de réflexion, de concertation et de conception d'importance croissante avec la nouveauté du projet et l'ampleur de l'entreprise. Un enseignant responsable ne partira pas à l'aveuglette pour un séjour sportif de longue durée; une préparation sérieuse est de rigueur dans de tels cas. |
| LES RESPONSABILITES DU MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE ET DE LA JEUNESSE | |
| Le Ministère ce
l'Education nationale et de la Jeunesse étant le ministère ce
tutelle du sport périscolaire, ce qui semble d'ailleurs tout à
fait logique, il serait normal qu'il prenne ses responsabilités quant au
bon fonctionnement des activités sportives périscolaires. Il est en droit de demander aux enseignants d'éducation physique et sportive un travail de qualité visant à prolonger le travail pédagogique en classe. Ceux-ci par contre sont en droit de demander une reconnaissance de leur travail fourni. Celui du point [l], jusqu'ici accordé sous forme de "leçon de décharge" pour le travail technique et pédagogique en association sportive scolaire, nécessite une mise au point: La nature de l'intervention effectuée place la leçon d'association sportive tout près d'une leçon à'enseignement, sinon s'y confond. Il y a lieu en effet ce prévoir le même genre de préparation que pour une leçon d'éducation physique et sportive, sinon une préparation plus différenciée et plus adaptée à la situation et aux élèves concernés. Une séance d'entraînement ou d'animation sportive dans le cadre de l'association sportive ne se fait pas à l'aveuglette! Puisqu'il s'agit de préparer des élèves à une tâche proche ou lointaine, l'enseignant doit préparer cette préparation. S'il est vrai qu'en principe l'enseignant d'éducation physique et sportive n'a pas de devoirs à corriger ni pour sa leçon d'éducation physique, ni pour sa leçon d'association sportive,il est vrai également que les autres enseignants, obligés de faire des "corrections de devoirs", bénéficient d'un coefficient pour chacune de leurs leçons d'enseignement. Par contre, il faut savoir que l'enseignant d'éducation physique et sportive, responsable d'une leçon d'association sportive a également une responsabilité d'évaluateur envers chaque élève qui vient lui montrer sa confiance, mais aussi envers une équipe qu'il prépare à un championnat, envers soi-même enfin pour analyser ses méthodes de travail. Pour le point [1] il est tout à fait justifiable de considérer le travail fourni comme comparable à celui réalisé au cours d'une leçon d'éducation physique et sportive. La "décharge"(le terme ne correspond d'ailleurs pas à la réalité)à accorder à un enseignant responsable d'une activité sportive régulièrement fixée doit bénéficier du même coefficient de calcul que pour ses leçons d'enseignement (une heure de travail = une leçon d'enseignement). |
Pour les points 2, 3, 4 et 5,
le Ministère de l'Education Nationale devrait également prendre
ses responsabilités. Il serait illogique de demander aux enseignants
d'éducation physique et sportive (et à eux seuls!) de fournir un
travail pédagogique immédiat et concret, plein de
responsabilités, de puiser dans leur imagination et de faire jouer de
leur créativité, d'être constamment et à tout moment
de la journée scolaire en train de s'occuper de problèmes de
sport périscolaire, sans reconnaître que ce travail doit
être fait et mérite d'être reconnu et qu'il dépasse
largement l'engagement normal d'un enseignant. Cette reconnaissance ne peut se
faire que par la création de décharges forfaitaires à
accorder, sur avis et sous la responsabilité du directeur aux
enseignants désireux de maintenir leur effort dans les domaines
décrits de [2] à [5]. L'évolution du sport périscolaire, longtemps freinée par un manque d'installations disponibles pour le sport périscolaire et une pénurie d'enseignants qualifiés prêts à assurer une tâche dans ce même secteur périscolaire, ne connaît plus, à l'heure actuelle, ces difficultés. Le Ministère de l'Education Nationale, devant une situation à priori positive (infrastructure disponible, enseignants en place voire en attente), devrait résolument s'orienter vers une expansion substantielle du sport périscolaire, offre publique de bonne qualité pédagogique et garantie d'une orientation sportive à grande échelle des jeunes. L'investissement à réaliser se situe au niveau du personnel enseignant à charger de cette mission importante. Une opération d'envergure ne se réalisera pas, à longue échéance sur la base du seul bénévolat. L'expansion des responsabilités prises par le Ministère de l'Education Nationale devrait se solder, entre autres, par un recrutement supplémentaire d'enseignants qualifiés, ce qui, devant la pléthore de candidats au professorat d'éducation physique et sportive, constituerait une mesure efficace de politique d'emploi. Au delà de ces aspects, les responsabilités du Ministère de l'Education Nationale et de la Jeunesse sont celles auxquelles il s'acquitte à travers la loi budgétaire: *subsidiation directe de la L.A.S.E.L. *subsidiation directe des associations sportives scolaires Là encore, d'autres voies, parfois plus efficaces que des subsides, seraient à envisager: décharge totale ou partielle pour un ou plusieurs responsables nationaux du sport scolaire. Les négociations quant à l'opportunité et le volume des décharges à accorder seraient à mener avec l'organisme concerné. |
| Début de la page | Luxembourg, le 9 décembre 1988 |